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Bilan du Labo de l’info à la Cité des Sciences

Nous nous sommes retrouvés ce mardi à la Cité des Sciences pour un ultime rendez-vous avec les 5 classes médias numériques. Plus d’une centaine d’élèves ont ainsi été réunis dans la salle Jean Painlevé située dans la bibliothèque.

Objectif de cette grande rencontre : faire un bilan sur les travaux des élèves, mais aussi pousser un peu plus loin la réflexion sur le journalisme.

Pour l’occasion, nous avions invités Olivier Boulanger, rédacteur en chef de Sciences Actualités.fr et Universcience.tv, ainsi que Axel Lattuada et Marc de Boni, auteurs de la série Et tout le monde s’en fout, diffusée sur Youtube.

Le retour sur les temps forts de cette journée en images.

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Merci à tous pour cette expérience formidable!

 

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À la Une

Le Labo de l’Info vu par Télérama

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Lors de notre rencontre avec les élèves du lycée Emile Dubois au mois d’avril, des journalistes de Télérama étaient présents. Au menu du jour: une conférence de rédaction pour préparer notre grande enquête de fin d’année sur l’alimentation.

Voici leur article:  » Au lycée Emile Dubois, la cantine a réconcilié les élèves avec les médias »

Un grand merci à eux!

« Mon assiette au scanner »

Capture d_écran 2018-04-08 à 23.39.51Chers élèves,

Voilà déjà sept mois que nous avons débuté nos expériences. A travers ce blog-éprouvette, nous avons observé à la loupe la fabrique de l’information scientifique. Nous avons vu qu’une information est d’autant plus fiable qu’elle s’appuie sur des sources vérifiées et variées.

Mais nous avons vu aussi que l’information peut être victime de grandes manipulations comme les théories du complot ou de pollution engendrée par les trolls et le détournement d’images se répandant de manière virale, au profit de groupes de pression ou d’internautes aux plaisanteries malveillantes.

Il est maintenant temps de raccrocher vos blouses d’apprenti et d’embarquer avec vous calepins, stylos et magnétos pour vous mettre dans la peau de véritables journalistes !

Nous vous proposons d’aller enquêter sur le terrain et d’apprendre à produire vous-mêmes l’information, de mettre en pratique tout ce que nous avons vu précédemment.

Votre mission : réaliser ensemble une grande enquête, en partant de votre quotidien. Et répondre à cette question: Est-ce que je mange bien ?
Plus précisément : Ce que je mange est-il bon pour ma santé ?

Pour démarrer cette enquête, penchez vous sur votre assiette: prenez-là en photo. Cela peut être à la cantine, ou chez vous, ou bien une photo de vos pauses goûter dans la cour. Cette photo sera publiée sur le blog. Elle sera le point de départ de votre travail.

Vous pouvez vous mettre en groupe de 2 à 5 personnes (une photo par groupe).

Etape 1 : Préciser l’angle

Il faut maintenant préciser votre angle. Nous avons vu que cette grande question (est-ce que je mange bien), comprend de nombreuses petites questions. Vous pouvez vous intéressez aux bienfaits d’un aliment de votre assiette (la viande, le sucre …), à la façon dont le plat a été préparé (hygiène, chaîne du froid…), aux besoins spécifiques de chacun (quelle alimentation est recommandée pour un sportif ? Une personne diabétique ?…). A l’importance du plaisir dans l’alimentation, à ce que dit la loi… Lors de notre dernière rencontre en classe, nous avons abordé avec vous de nombreuses pistes.

Etape 2 : Choisir la forme

En plus de choisir le sujet qui vous intéresse le plus, il faut choisir la façon dont vous allez le présenter, l’un des genres journalistiques vus en classe :

    • Le portrait
    • L’interview
    • Le reportage
    • Le micro-trottoir (avec des élèves majeurs, ou de la classe)
    • L’éclairage

N’oubliez pas que nous sommes une publication multimédia : vous pouvez utiliser l’écrit, la photo le dessin, la vidéo, l’audio…L’éclairage peut se traiter sous forme d’infographie ou d’un texte en trois points clés. Profitez de la liberté qu’offre le web !

Etape 3 : Enquêter. Chercher des sources

Vous avez votre sujet, vous savez sous quelle forme vous allez le présenter, il ne reste plus qu’à vous lancer. Autour de vous, de nombreuses personnes peuvent vous apporter des informations (cuisinier/ infirmière /prof de sport / prof de bio, élève sportif, élèves qui a une maladie, connaissances dans votre entourage personnel…)

Vos sources peuvent aussi venir de recherches documentaires (sur internet, d’un livre, des journaux…).

Citez vos sources dans votre rendu. Contextualisez leurs propos en mentionnant leur nom, profession ou statut. Allez chercher des points de vue différents !

Et n’oubliez pas : en tant que journaliste, vous êtes libres, vous avez la chance de pouvoir publier vos recherches sur ce blog, mais vous avez aussi un devoir d’honnêteté ! Attention donc à la diffamation ou aux opinions infondées !

Nous avons hâte de vous lire !

A très bientôt,

 

Illustrer. Illusions d’optique ?

Dès qu’il se passe un événement important dans le monde comme une catastrophe naturelle, nous sommes aujourd’hui informés pratiquement en temps réel grâce à internet et aux réseaux sociaux. Et avant même d’en savoir plus en consultant un article, notre regard est “accroché” par une image marquante. C’est bien souvent, cette photo qui nous donne envie de cliquer ou bien d’acheter un journal en kiosque. L’image “attire l’oeil”, car elle fait notamment appel à nos émotions et elle a donc un impact important sur nos opinions et nos représentations.

Cela explique que les photos d’actualités sont aussi devenues le terrain de jeu de désinformateurs de tous bords. Prenez, par exemple, le passage de l’ouragan Irma, en septembre dernier. Des dizaines de fausses images se sont répandues sur les réseaux sociaux, comme ces requins qui auraient envahis les villes…

Pour éviter de se faire piéger, voici 3 conseils simples développés dans cette vidéo du Monde.fr.

  • Traquer l’origine de la photo : des outils comme TineEye ou Google images permettent d’effectuer une recherche inversée à partir d’une photo et de retrouver l’originale.
  • Guetter les traces de retouche : ce n’est pas toujours évident à déterminer, mais en zoomant sur une photo retouchée, on peut noter des zones de qualités différentes au sein d’une même image.
  • Se poser des questions sur le contexte : qui est l’auteur de cette photo ou vidéo? Où a-t-elle été prise? A quelle date? Partez du principe qu’il est difficile d’accorder du crédit à une image en l’absence de ces informations.

Et surtout n’oubliez jamais qu’une photo n’est pas le simple reflet de la réalité. C’est une construction. Elle résulte d’un choix de cadrage, mais aussi du point de vue du photographe et de celui qui la diffuse.  D’où l’importance de la légende qui permet de contextualiser le cliché. Avec deux légendes différentes, le sens d’une photo peut complètement changer. 

Maintenant, à vous de jouer!

Pour cette 4e expérience, nous vous proposons d’enquêter et d’écrire une courte légende (maximum 5 lignes) sur chacune de ces photos, qui ont accompagné des articles scientifiques. Vous pourrez ainsi expérimenter le travail de vérification que nécessite la publication d’images.

Photo 1: Un ours polaire qui a fait parler de lui. Pourquoi semble-t-il affamé ? 

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Photo 2: Ce cheval de Botaï a-t-il vraiment existé ? 

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Photo 3 : Une étrange créature : l’Axolotl. Sort-il d’un dessin animé ? 

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Pour ceux qui voudraient aller plus loin, vous pouvez visionner la vidéo d’où a été extraite l’image de l’ours polaire et enregistrer un commentaire audio (voix-off). Après avoir fait quelques recherches, re-contextualisez l’information véhiculée par ces images ou bien laissez libre cours à votre imagination.

Retour sur vos théories du complot

Bonjour à tous,

Vous avez maintenant tous « joué le jeu » proposé autour de la théorie du complot.
Bravo, nous sommes épatées par votre imagination !
Toutes vos contributions sont intéressantes, elles parviennent bien à instaurer le doute sur ce qui est vrai ou pas.
Celle sur les obèses et les pesticides montre très bien, courbe à l’appui, comment on peut créer de faux liens de cause à effet, et comment on peut tout faire dire aux chiffres.
Celle sur les décharges électrostatiques est très créative, presque un scénario de science fiction, et l’idée des journaux intimes interposés est originale.
L’idée que l’espace n’existe pas pourrait aussi être le point de départ d’un conte fantastique !
La théorie des pigeons contaminateurs nous a fait pensé au film Les Oiseaux, un thriller de Hitchcock. Ames sensibles s’abstenir… ! Elle aurait pu être poussée plus loin mais les dessins et les photos sorties de leur contexte ajoute au sentiment de menace. Elles rappellent que ces théories du complot jouent avant tout sur nos émotions plus que sur la raison.
Enfin, les sirènes, avec là aussi de bonnes illustrations et beaucoup de documentation, montrent que l’on peut créer le doute en noyant les lecteurs sous une grande quantité de données. Cela donne un petit côté « encyclopédique » et donc véridique.
Merci enfin à la classe de Suzanne Lacore pour les vidéos partagées, très drôles, ces coïncidences !

Vous avez maintenant bien compris la mécanique de ces théories, dont les élèves de Simone Weil soulignent certains ingrédients. Vous devez vous rendre compte aussi qu’il est presque plus facile d’en inventer … que de les contredire. C’est d’ailleurs ce qui rend ces théories si virales sur internet.
Nous espérons que vous serez donc prudents à l’avenir grâce à ce petit exercice et qu’il vous évitera de tomber dans le panneau.
A bientôt !

D’autres ressources si vous voulez en savoir plus:
-La Chaîne youtube hygiène mentale
-Aude Favre, journaliste, décrypte la méthode des journalistes et celles des complotistes

 

La chasse aux trolls, parasites du web – La liberté d’expression en question

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Peut-on vraiment tout dire ou écrire? Voilà une question que vous vous êtes surement déjà posée. Elle vaut pour les journalistes, mais aussi pour tous les citoyens qui s’expriment par exemple sur les réseaux sociaux ou sur un blog.

Par chance, nous vivons dans une démocratie, donc la liberté d’expression, durement acquise, est aujourd’hui protégée par la loi. La Déclaration des droits de l’homme de 1789 précise que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement ».

Mais la loi fixe aussi quelques limites à cette liberté, qui varient selon les démocraties. On ne peut donc pas tout à fait TOUT dire. Les principales limites sont :

L’atteinte à la vie privée et au droit à l’image d’autrui

L’injure

La diffamation (des propos qui portent atteinte à l’honneur d’une personne, dire par exemple que quelqu’un est un voleur, sans apporter de preuve)

Les incitations à la haine, raciale, ethnique, religieuse, les propos homophobes, l’apologie des crimes de guerre et du terrorisme, le négationnisme…

Petite précision : en France, s’il est interdit d’inciter à la haine et à la violence contre l’ensemble des croyants d’une religion par exemple, il est permis de se moquer d’une religion.

Voici une vidéo qui résume bien ces différentes notions:

 

Bien sûr, ces règles s’appliquent aussi sur le web, ce que semblent oublier certains internautes. Bien cachés derrière leurs écrans, « ils se lâchent » plus facilement.

C’est le cas notamment de ceux qu’on appelle des TROLLS : des internautes qui perturbent les discussions des forums ou les commentaires des articles. Peut-être en avez-vous déjà rencontrés au cours de vos lectures?

Pour bien différencier ce que l’on a le droit de publier ou pas, nous vous proposons une nouvelle expérience:

Vous êtes modérateur pour le site du Monde.fr. Vous devez aider la journaliste Audrey Garric à relire, analyser, classer, et supprimer si nécessaire les commentaires que des internautes ont laissés sur son blog. On y trouve des arguments sourcés, des opinions, de l’humour ou de l’ironie, des publicités cachées et des propos de l’ordre de la diffamation, de l’injure ou du racisme. Dites-nous brièvement et sous la forme de votre choix ce que vous pensez de chacun de ces commentaires et ce que vous en feriez. 

Article 1 :  La France va-t-elle sauver les hérissons ?

Commentaire n°1

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Article 2  : Les chemtrails, un hoax climato-complotiste persistant

Commentaire n°2

Comment2

Commentaire n°3

Comment3

Commentaire n°4

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Article 3 : Le lutte contre le trafic d’ivoire a une nouvelle arme

Commentaire n°5

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Article 4 : Dans les cirques chinois, des méthodes de dressage cruelles et violentes (d’après une étude de l’association de défense de la cause animale PETA)

Commentaire n°6

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Commentaire n°7

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Le théorème de Mister Complot

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Vous en avez peut-être entendu parlé dans les médias et autour du vous. Quand un événement hors du commun se produit (attentats, exploits, catastrophes…), tout le monde se pose des questions. Ce qui est tout à fait normal et plutôt salutaire.
Mais on voit aussi apparaître -souvent sur les réseaux sociaux- des “théories” qui remettent en cause radicalement l’explication officielle, dont on peut se méfier. On parle de “théories du complot”. Certaines sont très répandues, notamment dans le domaine scientifique.

Selon un sondage diffusé dans Science&Vie en août 2016:

  • 22% des Français pensent que “les traînées blanches des avions cachent des opérations d’épandage de produits chimiques”
  • 17% des Français pensent que “le réchauffement climatique est une pure invention”
  • 6,5% des Français pensent que « l’homme n’a jamais marché sur la Lune”

Ces théories du complot sont souvent construites de la même manière.
Cette vidéo nous explique bien leur fonctionnement et pourquoi nous avons envie d’y croire.

 

En résumé, voici quelques principes de ce qu’on pourrait appeler “le théorème de Mister Complot”.

1. La vérité officielle est fausse : il existe une vérité cachée (“les attentats du 11 septembre 2001 n’ont pas été organisés par des terroristes, mais par le gouvernement américain”)
2. Des groupes secrets agissent dans l’ombre (les services secrets, les juifs, les Illuminati, les médias, les reptiliens…)
3. Une importance démesurée est accordée à des détails “troublants” présentés comme des preuves (ex: “le président américain a tardé à réagir aux attentats du 11 septembre, cela veut dire qu’il était au courant”). Il n’y a pas de hasard, tout s’explique dans le sens souhaité. Les faits peuvent aussi être détournés (exemple : un footballeur marque 6 buts le 6 juin 2006. “Tiens, tiens, 666 c’est le chiffre du diable…”)
4. Absence de source fiable. Le complotiste nous submerge par une multitude d’arguments ou de chiffres, mais ne cite pas clairement ses sources.
5. Mister Complot n’apporte pas de véritable preuve du complot. Il demande au contraire des preuves que le complot n’existe pas. Il inverse la charge de la preuve. (Exemple: “Prouve-nous qu’Obama n’est pas un reptilien”)


En général, le ton est alarmiste. Les vidéos utilisent des musiques sensationnalistes. Ces théories sont aussi séduisantes car elles redonnent “une logique” à des événements parfois difficiles à comprendre et car elles nous donnent l’impression de faire partie de rares élus à accéder à une vérité cachée.

NOTRE CONSIGNE: 

Vous-mêmes, avez-vous déjà entendu parlé de théories du complot?
Vous pouvez éventuellement en débattre avec vos professeurs et tenter de démonter ces théories en y repérant les principes du théorème de Mister Complot.

Ensuite, pour bien saisir le fonctionnement de ces théories et ne pas se faire manipuler, nous vous proposons une deuxième expérience: imaginez une théorie du complot sur un thème scientifique. Votre contribution peut prendre la forme que vous souhaitez, un texte d’une quinzaine de lignes, ou autre. 

Nous attendons vos réponses autour du 15 janvier.

Pour vous inspirer, voici des exemples de théories créées de toutes pièces par des élèves de collèges et de lycées.

Et quelques ressources pour aller plus loin: